Nihon 
Hinomura Mt Fuji  

Le Mt Fuji Pour les personnes qui ne le savent pas, le Mt Fuji (Fujisan) est la plus haute montagne du Japon. Le Mt Fuji est un volcan conique en sommeil qui domine toute la région du Kanto. Le sommet culmine à 3'776m, et seulement en hivers, il est recouvert d'un chapeau neigeux.

La dernière éruption date de 1707 et couvra les rues de Tokyo avec ses cendres. Un jour de très bonne visibilité la montagne peut être vue depuis Tokyo, qui se trouve à 100km environ. Le sommet est généralement caché par des nuages, l'hiver étant la meilleure saison pour l'observer de loin.

Proverbe : "Il y a deux types de fous : ceux qui n'ont jamais gravi La montagne et ceux qui l'ont fait deux fois.". Autre variante en vigueur : "Celui qui a gravi le Mt Fuji une foi est un sage, celui qui l'a fait deux fois est un fou.".

Données techniques

Hauteur : 3'776m (12'398 pieds) vers la station météorologique.
Cratère : 850m (points les plus éloignés) de diamètre.
Température : moyenne en juillet 4.9 degrés et août 2.7 degrés.
Saison : Juillet et août. Toutes les cabanes sont ouvertes, après quoi seul la station 8 reste ouverte jusqu'à fin octobre.
Age : 10'000 ans, c'est l'une des montagnes les plus jeunes du Japon.
Cabanes : 19 réparties sur le parcours (Des nouvelles sont en construction).
1er grimpeur  : Un pèlerin (Enno-Ozunu) au 8ième siècle.
1er étranger : Le consul général d'Angleterre au Japon. Sir Rutherford Alcock en 1859 avec son chien.
Le plus vieux : 102 ans (Igarashi Teiichi) en 1988.
Ascension : jusqu'au sommet (station météo) 6h30 environ depuis la station 5 (Kawaguchiko-go).

Comment s'y rendre

Si vous avez une voiture l'autoroute et le moyen le plus simple de parvenir à Kawaguchiko. De là, vous devez prendre la route à payage pour la station 5. La voiture est seulement intéressante si vous êtes assez nombreux. En effet, les autoroutes japonaises sont chères, de même que la route qui mène à la station 5. Si vous envisagez de louer une voiture, je vous averti que si vous n'êtes pas japonais ce n'est pas toujours facile. La plus part des compagnies locales de location sont réfractaires à louer à des étrangers (personne n'ayant pas un permis de conduire japonais), dans ce cas préférer des compagnies d'implantation mondiale. Il n'est pas toujours facile de trouver un support en Anglais (mettez-vous au japonais :). Pour l'instant, je ne connais qu'une seule compagnie locale acceptant les permis de conduire internationaux, c'est "Nippon Rent-a-Car". Réserver plusieurs jours à l'avance, avec le risque d'une mauvaise météo. A mon avis les transports en commun sont de loin la meilleure solution. Vous n'êtes généralement pas les seuls à avoir la bonne idée de monter sur le Mt Fuji. En gros, vous êtes sûr de vous trouver dans des bouchons.

Vous avez des bus en partance de Shinjuku (Tokyo) tous les jours de même que des trains. Les bus vont jusqu'à Kawaguchiko et la station 5. Les trains s'arrêtent à Kawaguchiko, vous devez ensuite prendre le bus pour la station 5. Les bus sont les moyens les plus rapides et les moins onéreux pour parvenir à la station 5. De Kawaguchiko vous pouvez aussi prendre le taxi, mais c'est hoooooooriblement cher, 12'500 yens le trajet, en comparaison, un ticket de bus simple course depuis Shinjuku pour Kawaguchiko-go (station 5) coûte 2600 yens.

Le Mt Fuji depuis Futago-Tamagawa Pendant la saison (juillet et août) il y a beaucoup de bus et de trains et il est assez aisé de se rendre à la station 5 même en soirée. Faite attention car la route qui monte depuis Kawaguchiko est fermée la nuit, pour les horaires demandés à l'office du tourisme. Si vous venez en voiture il est impératif que vous ayez les horaires. Si vous planifiez une montée du Mt Fuji hors saison téléphonez et cherchez le maximum d'informations sur les bus, trains, ouvertures de la routes, des magasins, des cabanes, etc. Ces informations ne sont pas faciles à obtenir et changent d'année en année, mais sont absolument vitales si vous voulez éviter les mauvaises surprises.

Informations

Vous pouvez vous procurer des guides (Climbing Mt Fuji et Mt Fuji & Fuji five) à l'office du tourisme de Tokyo. Ces deux guides donne passablement de détails sur les moyens de transports et sur l'ascension avec les horaires définit à la minute près.

Pendant la saison, un numéro de téléphone (0555-23-3000) sur une cassette en Anglais donne des informations sur l'ascension. Vous pouvez aussi appeler l'office du tourisme à Fujiyoshida au 0555-24-1236 ou 0555-22-7000. Pour connaître les événements dans la région, Fujiyoshida City Tourism, Commerce & Industry Section au 0555-22-1111. Pour les horaires de bus détaillé entre Kawaguchiko et la station 5, passer directement par le bureau de la compagnie de bus Fujikyuko Line au 0555-72-2911. Il y a aussi une liste des cabanes et de leurs numéros de téléphone qui peut-être trouvée.

La religion du Mt Fuji

Avant l'époque moderne de l'ascension touristique du Mt Fuji, la montagne était un lieu de pèlerinage. A cette époque plusieurs règles régissaient la montée du lieu saint. Par exemple il était interdit aux femmes pèlerins d'aller au-delà de la station 2 (Nyonintenjo). Cette règle était en vigueur jusqu'en 1871. Il n'était pas possible de grimper, la montagne au petit bonheur la chance, tout un rituelle devait être respecté. Les pèlerins devaient passer une nuit à Yoshidaguchi dans un lieu spécial appelé "Oshinoie" qui est un hybride entre une auberge et un temple. Ils devaient se purifier dans les cinq lacs entourant la montagne puis passer une nouvelle nuit dans le Oshinoie. Le tavernier prêtre bénissait ensuite les voyageurs et les envoyaient à Sengen Jinja.

Les pèlerins devaient porter des habits spéciaux blanc et monter jusqu'à la station 8 (3'360m). Là, ils devaient passer une nouvelle nuit. Le lendemain matin tot, ils reprenaient la route pour le sommet pour assister au Goraiko (levé du soleil en montagne). Ils faisaient ensuite le tout du cratère avant de redescendre.

A cette époque c'était une expérience unique dans sa vie. Actuellement vous ne verrez plus des montagnards habillés en blanc sur la montagne. Pendant la période Edo il y avait jusqu'à 10'000 pèlerins chaque été.

Astuces pour grimper

Quelques conseils pour votre expédition au sommet. Soyez en bonne condition physique, ce n'est pas une montagne très difficile mais c'est une belle montée. Toute personne valide et motivée peut facilement faire l'ascension.

  • La chose indispensable est d'avoir des bonnes chaussures de montagne, en chaussure de sport c'est faisable mais pas pratique.
  • Une paire de gants, un bonnet et une écharpe sont fort utile, surtout si vous faite l'ascension la nuit.
  • Une lampe de poche, pour trouver votre chemin.
  • Des habits pour la pluie. Il pleut assez fréquemment sur la montagne ou des nuages rasant la montagne vous mouille aussi rapidement.
  • Une gourde d'eau ou un thermos de thé chaud. Un liquide chaud est vraiment le bien venu. Quelques chose à grignoter, la nourriture dans les cabanes est très cher. Notez que si vous faite l'ascension en saison, les cabanes offrent des soupes instantanées et autres breuvages chauds. C'est cher, mais cela évite des kilos suplémentaires.
  • Des habits chauds et de rechange (si vous avez beaucoup transpiré).
  • Prendre du papier toilette pour les besoins urgents :)
  • Et bien sûr votre appareil photo pour immortaliser le moment.

Ne prenez pas trop de kilo avec vous, c'est bien plus agréable et surtout vous vous fatiguerez moins. Près du sommet vous sentirez assez vite une fatigue due à la raréfaction de l'oxygène. Suivez les guides (cordes ou chaînes) le long du chemin qui monte, c'est très pratique la nuit pour ne pas perdre son chemin. En descendant faite attention à prendre le bon chemin, car il y a beaucoup de possibilité de se tromper, bien que plein de panneaux aient été installés (un peu confus à mon avis).

Le sommet

Que pouvez-vous faire au sommet ? Ou plus simplement "Comment éviter de mourir gelé sur une montagne faite pour être contemplée de loin ?". Si vous y êtes :

  • Recevoir un tampon calligraphique (shuin) de la part de Sengen Taisha Okunomiza Jinja.
  • Faire un tour autour du cratère (Ochudo), circuit d'une heure environ.
  • Envoyer une lettre ou carte postale depuis la poste du sommet.
  • Téléphoner à une personne cher depuis la cabine publique.
  • Voir le Goraiko (lit. l'arrivée du soleil). A l'origine il s'agit d'un terme religieux "voir le Bouddha", maintenant cela réfère au levé du soleil visible depuis le sommet de la montagne. Le levé du soleil, d'après les dire, ressemble au halo entourant le Bouddha approchant ces disciples. C'est généralement l'objectif de la plus part des grimpeurs.
  • Ou voir l'Unkai (lit. la mer de nuages). Le matin les nuages contourne fréquement la base du Mt Fuji. Les personnes au sommet sont suffisamment hautes pour voir au-dessus de ces nuages qui forme un tapis de coton jusqu'à l'horizon.

Mon expédition

Avant de réussir mon ascension sachez que c'était la troisième fois que j'essayais d'aller faire le Mt Fuji. La première expédition n'est jamais allée plus loin que la gare de Shinjuku (Tokyo), ceci pour des raisons météo. La deuxième tentative a été avortée pour des de raisons de planning trop séré et plus de moyen de transport pour arriver à la station 5 dans les temps. La troisième fut la bonne et avec des conditions quasi parfaites. La météo était couci-couça, mais c'est avéré idéale après coup, un ciel complètement dégagé. En gros, d'excellentes conditions pour faire de la montagne.

Kawaguchiko-go (station 5) Cette troisième tentative prend naissance le 25 Septembre 1999. J'ai rendez-vous avec mes amis à la gare Yokohama à 9h00. Après un véritable chemin de croix nous arrivons enfin à 16h00 à la station 5 (Kawaguchiko-go) à 2300m.

Enfin, à la station 5. Il est 16h00, inutile de commencer l'expédition tout de suite, car l'ascension dure 6 heures environ (sans pose) et le soleil se lève vers 5h00 seulement. Donc, un peu de shoping dans les magasins de souvenir de la station. Nous apprenons que tout ferme à 17 heures, damnation, notre expédition ne démarre pas avant 22 heures. 5 heures à tuer dans une station morte sans un chat (si nous en avons vu un, un vrai :). Comme nous n'avons pas mangé et que nous n'aurons pas l'occasion de rencontrer un restaurant ouvert lors de notre périple, un repas est vite pris dans la station. Un tour des magasins pour faire le plein de choses à grignoter et à boire, nous voila prêt.

Couché de soleil depuis Kawaguchiko-go Il est 17h00, tout ferme et nous nous sommes là à poireauter comme des andouilles. Nous avons quand même droit à un couché de soleil vers 18h00, ensuite une nuit presque noire. Un restaurant est encore vaguement ouvert. Nous rencontrons trois américains vivant au Japon qui ont exactement le même plan que nous, attendre :(. Nous finissons par nous faire vider des lieux vers 18h30. Dehors, sur le pavé, il fait nuit, pas un chat (sauf le vrai rencontré).

A notre grande surprise il ne fait pas nuit noire dehors. Nous avons choisit LE bon jour pour monter Monsieur Fujisan. Un ciel complètement dégagé et une pleine lune magnifique, c'est presque romantique. Autant dire qu'il fait casiment jour en pleine nuit. Fantastique, même pas vraiment besoin de lampe de poche pour marcher.

Heureusement il y a des distributeurs de boissons chaudes qui sont encore en marche. Nous tournons en rond devant le distributeur et achetons café, thé, café, thé... pour nous tenir chaud, car la température commence sérieusement à baisser. Ne rien faire avec un fond d'air bien frais et un peu de vent ne tient pas très chaud. Nous tournons en rond en faisant les cents pas jusqu'à 22h30, à ce moment le sérieux commence. Nous décidons de partir ensemble avec les trois américains, nous voilà six à affronter la bête.

Arrêt à la station 7 La première partie de l'ascension est simple. Nous faisons le parcours en 30 minutes jusqu'à la station 6 (2'390m), il est indiqué en 40 minutes. Bon timing, cela fait que nous pouvons faire une pose. Après c'est une autoroute pour jusqu'à la station 7 (2'700m). Ça grimpe mais c'est très simple à marcher. Nous arrivons à la station avec 10 minutes d'avance sur l'horaire. Une petite pose quelques photos et nous sommes près à reprendre la route. Mais maintenant ça va être déjà plus coriace. Là, ça commence à monter joliment. Nous savons qu'il y a une cabane encore ouvert sur le chemin, mais elle se trouve vers la station 8 (3'390m), hors depuis la station 7 jusqu'à là 8 il y a 3 heures de montée. Bon c'est parti, le chemin est très variable, mais ça grimpe bien, nous passons des dizaines de cabanes fermées. Nous commençons à avoir une certaine fatigue dans les jambes, mais tout va bien, nous ne nous arrêtons pas longtemps, sinon le froid nous ronge. Enfin vers 2h00 du matin nous arrivons dans la seule cabane encore ouverte. Nous sommes à 3'250m d'altitude. La tout le monde dort, alors nous rentrons discrètement pour nous mettre à l'abri du vent glacial et profiter de la maigre chaleur dispensée par un tas de braises. Vers 2h30 nous reprenons la routes. Il y a encore bien 2 heures de marche jusqu'au sommet qui se trouve à plus de 3'700m.

La station 8 est à 3'360m, après c'est la station 8.5, c'est la dernière construction avant le sommet. La je commence à fatiguer, en plus avec l'altitude l'air commence à devenir nettement plus fin et mon effort de plus en plus grand, je m'essouffle très vite. Nous arrivons à mi-chemin de la station 9 (le cratère), c'est un Torii qui nous accueille (porche traditionnel gardant l'entrée d'un lieu saint), mais je suis crevé, la fatigue (il est 4 heures), je suis essoufflé et mes jambes crient une pause. Il reste encore une bonne demi-heure avant le sommet. Je repars comme un zombie, la lune viens de passe derrière le sommet alors il commence à faire nettement plus sombre. La route est très raide et c'est parfois de l'escalade qu'il faut faire. Je suis une vraie machine, j'ai même plus la force de réfléchir et je souffle comme un boeuf pour avoir un peu d'oxygène. Tous les 50m, une pose pour respirer à fond pendant une minute. Enfin, la salvation à 4h45 après près de 6h30 de montée, le Sommet, mais il y a un vent de la mort de dieu la haut. Impossible de tenir sans être abrité, nous sommes soufflés comme des feuilles de papier. Alors nous nous planquons à l'abri des constructions en attendant le lever du soleil. Il fait froid, très froid, nous sommes gelés par le vent, les vêtements en sueurs et la fatigue...

5h20 du matin, le soleil... Deux minutes plus tard...
Le goraiko depuis le sommet.

Au sommet (3'730m environ), en attendant le lever du soleil, nous sommes un peu inquiets, car des nuages de haute altitude sont présents et à l'horizon est nuageux. Vers 5h00 l'aube, magnifique, d'abord dans les violets puis dans les rouges orange. Vers 5h15 l'horizon s'embrase, 5 minutes plus tard c'est le soleil qui fait son apparition. Nous avons de la chance que le soleil apparaisse dans la zone avec peu de nuages. Magnifique lever de soleil. Je prends photo sur photo. Nous commençons à avoir vraiment froid. Et qui plus est, un de l'équipe commence à nous inquiéter (hypothermie). Nous attendons la fin du lever, courons vers le cratère pour prendre des photos. Malheureusement mes photos sont un échec, avec un vent d'enfer et des mains gelées, j'ai bougé. Vers 5h45 nous reprenons la route pour descendre et nous réchauffer. La descente et longue, très longues, en plus c'est bien plus peinible de descendre une montagne que de la monter. J'en ai d'ailleurs un très beau souvenir, une énorme cloque. La route est faite de gravier de lave et de sable, donc très glissante. Mais enfin après 3 heures de plongée nous arrivons à la station 5. Tout est ouvert et les touristes sont là en masse...

L'équipe gelant au sommet. La station météo du sommet.
En attente du levé du soleil, toute l'équipe avec un sourir crispé par le froid,
et ma seule photo réussie du sommet.

Nous sommes vraiment fatigué, mais heureux. Un petit déjeuner dans un restaurant nous permet de reprendre quelques force. Nous devons attendre 14h00 pour prendre le bus pour Tokyo. 5 heures d'attente, mais au moins, les magasins sont ouverts...

Nous avons eu une expédition fantastique, une météo super clémente, une nuit avec des étoiles et une pleine lune superbe. Il faut juste préciser que le jour avant notre expédition un typhon a passé dans la région.

Liens intéressants

  • Un site avec plein de belles photos. Site en Anglais et Japonais.
  • Site avec plein de liens sur le sujet. En français.
Sources : Mt Fuji Climber's Guide Book - "The Roads Lead to the Stars" et lonely planet Japan.